Pourquoi j'ai mis "fin" sur mon blog ? je fini par me le demander. En fait non je sais, je me suis lancé dans deux autres projets de blogs, un tout seul, et un autre avec un ami. Et en fait je me rend compte que ça fait beaucoup de lancer deux nouveaux concepts en même temps. Du coup j'en abandone un, celui que j'allais faire en solo. Bon très bien, mais en quoi ça vous interesse tout ceci ? Et bien si je démarre pas mon autre blog ça me laisse un peu de temps pour continuer provisoirement ce blog-ci ! Je vais surement pas écrire deux articles par semaine, mais quand un sujet me vient à l'esprit je viendrais ici le placer.
Et aujourd'hui justement il y a quelque chose que je voudrais partager.
L'autre jour j'attendais une copine à la sortie du métro et je voyais un groupe de jeunes démarcher des voyageurs sortant de la bouche béante du monstreux labyrinthe souterrain. Ils avaient ce petit air crâneur des jeunes qui croient avoir la science infuse. Ceux qui ont adhéré à un idéal de vie, qui ont l'impression de faire avancer le monde en croyant en des valeurs qu'ils estiment originales. Ces valeurs vous les connaissez tous, ce sont les valeurs à la mode que des milliers d'invidus ont associé au "Bien" au sens le plus detestable qu'il a, c'est à dire le Bien intolérent. Le Bien qui sait ce qu'est le Mal et qui n'expliquera jamais pourquoi le Mal a tord. Le bien prétentieux et totalitaire.
Ces jeunes gens avait tous un uniforme avec une inscription d'une association humanitaire dans le dos, il avait très probablement reçu une petit formation rapide sur la façon d'aborder les gens dans la rue, et sur la façon de les "traquer", même de violer leur droit à l'indifférence sans qu'ils puissent réagir. Ils avaient donc une série de phrases accrocheuses qu'ils s'empressaient de dégainer dès qu'une victime s'approchait.
Le but de cette démarche est bien sûr d'obtenir un don d'argent.
La méthode est de faire culpabiliser le parisien d'avoir la chance de pouvoir manger trois repas par jour alors que des pauvres crèvent de faim dans des pays où la malnutrition tue beaucoup plus que les maladies cardiovasculaires dans notre pays. Notre ignoble opulance nous fait gaspiller de l'argent dans de la bouffe mauvaise pour notre santé au point de nous tuer. Nous fumons et nous nous autodétruisons patiemment grace à notre fortune qui nous pourri moralement et physiquement. Bouh qu'est qu'on est laid !
Ces jeunes au look de hippies ont bien compris quelles sont les vraies valeurs du monde, la preuve, ils travaillent pour une association humanitaire, et ils ont la bonté d'offrir leur temps pour résoudre les problèmes de la planète. Cheveux gras coiffés en dread locks, vetements "altenatifs" pour jeunes branchés, tel est la panoplie du sauveur de l'humanité. Le fils du bourgeois parisien qui vomit sur la réussite de papa, se transforme en révolutionnaire urbain et traque l'honnète passant pour le culpaliser de gagner 250 fois plus qu'un cadre du tiers monde...
La perspective de pouvoir deviser calmement avec un de ces jeunes m'emplît de joie comme vous pouvez l'imaginer. Je m'approche donc anodinement du plus locace du groupe en feignant l'indifférence. Le jeune s'approche de moi et me lance sûr de lui : "Bonjour, Monsieur, êtes vous contre la pauvreté dans le monde ?"....
Qu'est ce que vous pensez de cette entrée en matière ? N'est-ce pas une perle ? Un joyaux brut, une incroyable perche que l'innocent imbécile tend à l'avocat du diable qui, tout en esquissant un sourire, sort sa fourche de son sac à dos et laisse pousser sa queue pointue ?
"Heu, non pas vraiment...." lui rétorquais-je...
Les mots me manquent pour décrire la transformation physique sur son visage. L'émotion était là, elle était visible, la tension palpable, la rage prête à fuser pour inonder mon arrogance tranquile.
"Mais, ça ne vous fait rien de savoir que des millions d'individus vivent en dessous du seuil de pauvreté dans le monde ?". Je lui réponds : "Ben ça m'embète pour eux, mais en même temps, si il n'y avait plus de pauvres dans le monde, on pourrait pas être riche nous..."
" 'tain, laisse tomber, encore un enfoiré de bourgeois capitaliste !"
Phrase amusante je trouve parce que d'une part nous vivons dans un monde capitaliste fondé par la bourgeoisie donc en quelque sorte les bourgeois sont quand même bien à leur place ici même, et ensuite ce qui me fait rire c'est qu'apparament je n'étais pas le seul à lui avoir sorti une connerie de ce genre !!
Voilà je voulais partager ce petit moment, mais j'avais aussi envie de vous faire réagir. Si ce jeune avait été intelligent que m'aurait il répondu ? Quel aurait pu être l'argumentaire choc pour désarçonner un connard tel que moi ?
[AJOUT]
Le coin plus sérieux :
Notre chère Prof écrit un commentaire très interessant sur lequel je voulais rebondir :
"Quant à savoir ce qu'il aurait pu vous dire pour vous convaincre... Pas grand chose, à mon avis. La pitié est un sentiment, les sentiments ne se commandent pas. Il n'y a par ailleurs pas de raison, pour les citoyens des pays riches, de culpabiliser sur cette question.
En revanche, on peut, c'est vrai, s'interroger sur ses modes de consommation, et pourquoi pas, sur son vote politique.
On aimerait voir le thème de la mondialisation sortir de son côté folklorique moustachu."
J'aimerais attiré l'attention sur plusieurs chose que j'ai remarqué depuis mon retour du Mexique où je le rapelle j'ai vécu plusieurs années.
Je remarque dans notre société européenne que nous avons tendance à traiter les symptomes plus que les causes. Je voulais faire un autre article sur un thème différent mais qui rejoint un peu celui-ci dans le concept : la médecine. En France par exemple, la médecine allopathique traditionnellement soigne les symptômes ou les conséquences d'une maladie ou infection. Un exemple tout simple, lorsque j'ai mal à la tête je prends une aspirine sans me demander réellement pourquoi j'ai mal. Il arrive en effet que la médecine cherche l'origine d'un mal, mais le traitement est orienter sur un éradication soit d'une source de malaise, soit d'un symptome.
En revanche il existe d'autre médecine qui traitent les cause de manière préventive. Cette vision des choses est totalement différence au point de vue du traitement d'un problème.
Quel rapport me direz vous ? Et bien j'ai l'impression qu'en France on traite les problèmes d'ordre humanitaire de la même manière que les problèmes de santé. (je caricature bien sûr)
Je trouve qu'effectivement dans la société il n'y a pas eu de débat profond sur l'origine des problème liés à la mondialisation. Le folklore dont vous parlez décrédibilise à mon goût completement le sérieux de certains courrant de pensée. Et pourtant je suis sûr que cette société est prête à réfléchir sur le problème de fond.
Actuellement je trouve ces méthodes que je décris dans mon article vraiment obscène. Réclamer de l'argent de manière aveugle dans la rue, en jouant sur la culpabilité des gens est une véritable honte. J'ai vu des gens au Mexique vivre avec 150 euros par mois dans des conditions très simple, mais dont le quotidien, certes dénué de tous les loisirs que nous pensons ici indispensables, était pour le moins confortable. En revanche j'ai vu en France des gens vivre avec 1500 euros dans des conditions de stress, d'angoisse, et de malaise extrème.
Je trouve la question de la pauvreté beaucoup plus préocupante lorsqu'elle jouxte la richesse. Un paysan au fin fond du Yucatan mange à sa faim et n'est pas forcément malheureux alors qu'il peut être très pauvre. Un travailleur d'un ghetto de la périphérie de la ville de Mexico, de Rio de Janeiro, ou même n'allons pas si loin de Paris peut être cent plus malheureux bien que gagnant plus d'argent.
Le commerce équitable a l'air d'être une bonne idée mais aucun débat n'a eu lieu autour de ce concept. Pourquoi n'existe-t-il pas de label "production équitable" sur tous les autres produits de notre société ? Pourquoi le consommateur qui a lui aussi sa grande part de galère quotidienne doit être celui qui doit consentir tous les efforts au moment d'acheter ?
Si l'on sait que la chine emploie des enfants "esclaves" pour fabriquer certains produits qui servent à divertir nos enfants, pourquoi l'autorise t on tout simplement à la vente, plutôt que de nous culpabiliser, nous, acheteur ?
(j'ai du mal à conclure toute contribution est la bienvenue (si toutefois vous avez réussi à lire jursque là ) )

