Faut-il être tolérant ? La tolérance 0 est elle un point vue tolérable ?
Voilà deux question auxquelles je voudrais essayer de répondre.
Intuitivement tout le monde dira qu'il faut être tolérant. C'est de bon ton acutellement de se prétendre tolérant, accepter les idées des autres est une vertu. En revanche lorsqu'un homme politique prône un système basé sur la
« tolérance 0 », le peuple tolérant s'insurge et ne tolère pas ce point de vue. On tombe alors sur un paradoxe que je trouve interessant d'essayer de dénouer.
D'abord mettons nous d'accord sur une définition de la tolérance. Si l'on regarde un dictionnaire
* on peut tomber sur plusieurs définitions différentes. Historiquement la tolérance vient de
« l'édit de tolérance »(1562) qui accorde aux prostestants le libre exercice de leur culte. La mot a bien sûr évolué pour prendre actuellement deux sens bien distincts.
D'une part la tolérance est un respect des opinions et croyances d'autrui, et d'autre part la tolérance peut être le
« fait [...] d'admettre avec une certaine passivité, avec condescendance parfois, ce que l'on aurait le pouvoir d'interdire, le droit d'empêcher. ». Dans cette définition de la tolérance on retrouve l'idée de tolérer un comportement, un état de fait, une action. Cette tolérance est complètement différente de l'autre tolérance que l'on peut assimiler au mot
« respect ».
Le paradoxe que j'ai cité plus haut vient de la confusion entre les deux dérfinitions. D'un coté nous avons un acte passif de soumission à quelque chose que l'on pourrait empecher. Par exemple comme
Mike le faisait justement remarquer, on tolère un mal de tête. De l'autre nous avons un comportement actif et bienveillant en respectant l'opinion d'autrui.
Qu'est ce que la « tolérance 0 » donc ? Il s'agit simplement d'une expression pour dire : « je n'accepte pas ce comportement, je vais donc l'interdire, il est hors de question que je vous laisse faire, et que je le tolère. » Pourquoi devrait on dès lors être tolérant des comportements ? Un type qui viendrait uriner tous les matins sur mon paillasson me gènerait pronfondemment. Dès lors soit je me donne les moyens de trouver de qui il s'agit et je l'empeche d'agir, soit je n'ose rien faire et dans ce cas je suis obligé de tolérer son acte que je condamne.
J'ai par le passé été un peu provocateur en ironisant sur le fait que la modération de commentaires était de la censure. L'article que je voulais faire à cette époque était plus à vocation humoristique que réélement inscrit dans une ligne de réflexion. Je vais rectifier ici ce que j'ai pu dire dans le passé, en précisant que j'ai bien lu la charte Skyblog et que si quelqu'un dans ses commentaires ne respecte pas cette charte, notamment en ce qui concerne les points suivants : insulte, propagande, diffamation, racisme, incitation à la haine; je me verrai dans l'obligation d'effacer simplement les commentaires car si je ne le faisais pas j'irai à l'encontre de mon intégrité.
D'autre part je voulais préciser qu'une personne qui participe à ce blog a été accusée récemment d'intolérance, simplement parce qu'elle ne supportait pas de se faire agresser sur les blogs. L'intolérance ne peut être le contraire que d'une seule des deux définitions que j'ai exposé plus haut. En effet si l'on considère la tolérance du point de vue de l'acceptation passive de quelque chose que l'on peut empecher, le contraire ne peut pas être l'intolérance. Le contraire de cette tolérance est simplement la
« défence » qui revient à empecher cette chose. L'intolérance est le fait de ne pas respecter les idées d'autrui, chose qu'elle n'a jamais faite.
Enfin à propos de la tolérance en tant que soi-disant vertu sur le respect des idées d'autrui, je la trouve faible. La tolérance est une
arrogance qui dit :
« Votre idée est vraiment nulle, mais je suis grand, je la tolère. ». Seul le véritable respect des idées est vraiment pour moi une vertu. Mais il ne faut pas se mentir, toutes les idées ne sont pas respectables. De même dans un monde où les idées foisonnent il n'est que trop facile de plier sous le poids de l'argumentation. La déformation du langage, l'usage régulier de sophisme, peuvent mener une personne à douter facilement de l'idée qu'il défend. Tolérer une idée contraire à ce que l'on pense n'est qu'ouvrir la brèche à l'incertitude. On tombe alors dans un système de prise de position molle et inefficace. Soit l'on décide que l'idée de l'interlocuteur est respectable et dans ce cas on la respecte, soit elle est nous paraît vraiment inepte et dans ce cas on ne doit pas la tolérer. La tolérance est ce délai que l'on semble accorder à notre contradicteur pour lui permettre de changer d'avis... Mais il ne changera surement pas d'avis, alors pourquoi être tolérant ?
* Source des définitions