Une fois de plus je vais vous parler de deux expressions qui ont une tendance assez systèmatique à m'agacer au plus au point.
La première de ces expressions est en fait une réponse que j'ai souvent remarqué lorsque l'on pose la question à quelqu'un de savoir pourquoi il adopte tel ou tel comportement. Par exemple imaginez un ami qui est en train de rire, vous ne comprenez pas pourquoi il rit, où vous vous demandez par exemple si il se moque de quelqu'un. Vous lui demandez alors légitimement : "pourquoi tu ris ?".... Et quelle est sa réponse une fois sur deux ? "Pouquoi ? j'ai pas le droit de rire ?", bon c'est vrai que dans le cas du rire il y a aussi une autre réponse particulièrement énervante c'est : "pourquoi ? tu préfèrerais que je pleure....". Mais revenons à la première et analysons le contexte dans lequel la réponse apparait.
D'abord on demande pourquoi la personne rit, ce qui est une question tout à fait anodine cherchant simplement à obtenir une information sur l'état d'esprit de la personne qui est en face. Cette personne nous répond par une autre question qui place celui-ci sur la défensive. Par cette question l'autre essaie d'assoir sa légitimité en écartant l'éventualité que son comportement lui soit interdit. "Pourquoi ? J'ai pas le droit de rire ?" Vous remarquerez que dans la toute première question que vous formulez il n'y a aucune remise en question de cette fameuse légitimité du rire, il y a juste cette volonté d'en connaitre l'origine....
A mon avis vouloir légitimiser son comportement masque réélement un refoulement intérieur, alors que la personne se gausse bruyament elle sent malgrè elle que ce rire n'est pas tout à fait à sa place. En fait, elle saute une étape dans sa réponse et au lieu de nous donner la véritable origine à laquelle on pourrait lui répondre "c'est pas sympa de rire de ça", elle prend les devants et nous colle au mur.
C'est pourquoi lorsqu'une personne vous répond "pourquoi ? j'ai pas le droit de rire ?", c'est qu'en général, elle est pas tout à fait fier de ce qu'elle a fait....
L'autre expression qui m'agace est typique des jeunes. L'année dernière je travaillait dans une équipe où il n'y avait que des jeunes et j'entendais cette expression toute les quart d'heure.
"C'est mort !"
Rien que de l'écrire, ça m'énerve. Encore une fois comment peut-on avoir aussi peu de vocabulaire pour réduire un problème à une fumeuse histoire de vie ou de mort. Cette expression montre à quel point certains jeune peuvent être manichéens.
Le dialogue typique pour ceux qui ne connaissent pas l'expression est celui-ci : "Tiens Kevin*, j'aurais besoin de toi cet après midi pour un petit tavail", réponse de Kévin : "C'est mort !".
Il n'y a aucune raison d'utiliser le mot "mort" dans ce cas, et l'effet pervers est à mon avis une banalisation de la finalité du décès et de la violence elle même. Au lieu d'admettre une impossibilité et en déterminer la cause par un processus naturel d'argumentation, le jeune va plutôt mettre fin au dialogue en invoquant une fin inéluctable. On voit cette volonté de ne pas affronter la réaliter et d'éviter à tout prix le dialogue. Pauvreté de vocabulaire, impossibilité d'argumenter un refus, volonté de fuite en invoquant une cause naturelle inéluctable, très souvent on ne peut pas discuter avec certaines personnes. "C'est mort !".
*Pour savoir pouquoi j'utilise Kévin comme prénom regardez ce lien
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kevin à la rubrique sur internet.